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 Le Princeps de la bauge ▬
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PSEUDO : Eros.
MESSAGES : 42
JOB : Phraseur névrosé.
ÂGE : 104

MessageSujet: Le Princeps de la bauge ▬   Lun 6 Mai - 23:22


LAMORÉE

démiurge des nuits éternelles







LE JOUEUR : un odieux personnage

Eros

ÂGE ϟ L’ âge de la modernité.
SEXE ϟ Un garçon.
ACTIVITÉ ϟ Variable, 8/10.
REMARQUE ϟ Maman va mieux.

MASQUES : les métamorphoses



NOM ϟ LAMORÉE
SEXE ϟ D’une androgynie qui ne masque pas son origine phallique.
ÂGE ϟ Vingt-deux ans.
NAISSANCE ϟ 16 juin 1990.
NATIONALITÉ ϟ De l’Envers, d’origine française parisienne.
ORIENTATION ϟ Des mœurs déliées d’une vie dissolue.
PROFESSION ϟ Artiste plasticien et distillateur de liqueurs.
GROUPE ϟ EN-BAS.


LA PSYCHÉ



Monstre énorme.
Sur l’horreur bâtie en cascades, l’espérance choit, d’effrois en démons, jusques aux béances sépulcrales. Elle s’ankylose dans l’égout de la vanité où spéculent, aux iris de candeur, les ors de l’avenir et les oripeaux du jadis, mais qu’abhorrent les crânes aux globes que la sagacité ont vidés afin que l’esprit vît par les deux orifices d’ivoire la réalité sans l’artifice d’yeux jolis. Tu la caresses, elle s’évanouit entre tes mains ainsi que les sables morphiques qui ont clos tes paupières de baisers de songes aux aurores quand point le jour qui emmène avec lui les ectoplasmes. Il est un palais où ne sont qu’ombres nées d’aucun soleil ; ici jamais ne luisent les dernières lueurs d’aucun astre, on n’a pas la mélancolie de l’aube et du zénith, et ici lors toujours grandissent les enfants qui mourront encore enfants pour embrasser un rêve suprême. La nuit est éternelle, et le rêve que vous ne vivez que la nuit est notre veille. Ce dont nous rêvons quand nous dormons est beaucoup plus atroce ou merveilleux que votre imagination d’ignares ne le peut concevoir ! L’espérance n’est que la métaphore de l’espoir qui le pourvoit d’un toucher divin dont les grâces voilent sur le tic l’espoir de chair belle et sur le tac dévoilent sa supercherie : l’espérance dit l’espoir, l’espoir est rance, il est âcre en bouche car il n’offre rien et ne se formule qu’en des pensées vieilles ; qui espère attend ce que l’existence lui aurait instruit qu’il ne peut obtenir. Tu espères parce que tu es impuissant. L’espoir n’est pas le triomphe de l’altruisme, il est l’échec de la volonté.

Cyclope. Ton œil unique fixe une unique laie, il ne te montre qu’un monde, il ne révèle qu’une philosophie.
La violence a son trône derrière les tours d’airain que sont tes mécanismes passionnés, ces systèmes métaphysiques. L’allergie de la différence distille dans ta culture du même une attirance pour cette défense mortifère. Et cette différence que tu méprises, car tu crains qu’elle ne te soit supérieure, et que cependant que tu veux lui prouver qu’elle ne t’est pas même égale tu plonges, pareil à Polyphème, dans les fjords des ténèbres surpris par la ruse d’un insecte, tu la chéris autant pour t’éviter la funeste destinée de ton pair. Par ta curiosité tu t’élèves élevé tu adores adorer cette différence l’altérité qui élargit ton œil rond jusqu’à ton front qui sait tout.
Mais ton œil n’est jamais qu’un rond et comme un cercle tu tournes à l’infini et oscille entre des antagonismes qu’aucune raison ne peut concilier. Si tu avais deux yeux, tu aurais pu voir que le blanc et le noir font un gris terne, mais ton œil ne te montre que le blanc et le gris dans leur pleine pureté, et pareille à cette vision déformée lunatique tu ne vois que blanc ou noir et de molosse infernal tu deviens caprin céleste, de caprin céleste un molosse infernal, l’un avide de l’autre dont il naît et dans lequel il meurt. Lunatique. Bougre, du molosse l’abominable mâchoire te demeure jusque dans la gueule du cerf, violent comme une meute de peste et de rage dans le frêle cadavre en sursis d’un gosse. Mais bon bon bon ! Infiniment bon ! Intolérant avec l’intolérance, tu les niquerais tous ceux qui s’opposent à ta vérité immanente. Mais bon, mais bon, mais bon, tu es souverain de tes pulsions.
Cyclope mon père, mon frère et mon fils.
Cyclope, mon géminé.

Carmen – charisme. Une voix impérieuse et le pas leste qui donnent à la tête une noblesse que n’efface pas son absence effective. Une voix qui aime être écoutée, au même prix qu’elle aimerait qu’on écoute toute voix, qu’on s’en délecte comme des odes de nixes, et qui n’exige toutefois pas d’être entendue. Une voix qui cherche dans toute voix l’écho de sa raison, sans quêter la résonance de sa vérité, qui cherche dans toute voix le témoignage d’une écoute, sans quêter l’adhésion à ses opinions.

« Charmé aussi le chat par le char de tes idées, bugle du génie et de la volupté, tu pues l’ordure et le remugle d’aristocratisme, et le chartreux dont les vies nombreuses survivent aux planètes languit de ces boudoirs d’antan où la médiocrité se fardait de talents inégalés. Tu réhabilites la dictature du meilleur et répudie la tyrannie du mieux. Tu dédaignes la tyrannie de bien-nés qui réduisent en servage des machines à production exponentielle – jusqu’au point variable, ultime, de la mort ou du licenciement. Tu réhabilites la dictature de ceux qui par la sueur de leurs efforts ont atteint ce point. Labeur. Las ! utopie ; on refuse les meilleurs au profit des mieux aimés. »

FABLE : la mythologie ordinaire

LA CHEVAUCHÉE PROMÉTHÉENNE




« Vade retro, livre-toi à tes errements dans d’autres souterrains et délivre-moi de ta charogne, tu fais obstacle aux tribulations cosmiques de Lamorée, la vermine prométhéenne dont la glaise est la fange que nous laisse l’au-delà. » T’avais approché en claquant des talons, comme si t’avais peur qu’on t’oublie, tu prouvais que t’étais là, bien là, face à moi, seul ici et seul avec moi, et que ces talons de tes chaussures pourtant si plates, qui frappaient le carrelage dégueulasse, auraient pu bientôt me frapper le cul. Dans la pénombre, je devinais à ta voix si masculine que t’étais un mec, mais quand je t’ai vu surgir sous les quelques néons qu’étaient pas morts mais éclairaient qu’en crépitant, j’ai eu un doute. T’avais une gueule de donzelle qu’attend sur le bord du trottoir qu’on la saute pour nourrir son gosse que lui avait fait son maquereau. Une gueule de putain. Mais t’étais un mec. « Là les sentiers sont galactiques ! Ces percées dans la terre sont comme des tunnels entre les nébuleuses. Ce métropolitain est la Voie Bitumée, mais toi tu es déjà une nova mon pauvre enfant que la fatigue et le sacrifice marquent de cernes. Ne t’égare pas ici, ce ne sont pas des humains à visage de loup, mais des humains à visage d’humain qui te mangeront ! Leur face est pleine du sang que les hommes d’en-haut leur ont giclé dessus et de la peur qu’ils ont extraite des innocents d’en-bas. » Et ce soir-là, t’as dû me sauver de deux ou trois types malsains en me disant ça sans que je m’en rende compte.

Mais surtout tu m’as sauvé tout court.

Je comprenais pas tout de ce que tu racontais, t’étais un peu chelou pour un paumé comme moi qu’avait l’habitude des costards blêmes du métro de la City. Y en avait un tous les mille qui me donnait une pièce pour la conscience, à peine conscient de me la donner, mais toi t’étais le seul dans ce métro et le premier, et tu m’as tout de suite donné plus qu’une pièce. Tu disais « mé-tro-po-li-tain », t’articulais ça avec cette emphase banale pour les comédiens mais qu’a plutôt l’air d’une manie de gamin que papa maman ont pas effacée quand c’est en dehors du Globe. Alors je t’énervais, je disais métro métro métro. Tu partais devant silencieux, tu restais derrière silencieux, c’était ta façon de m’emmerder parce que je t’avais emmerdé, alors je m’excusais et tu me pardonnais. T’as le pardon facile, oublie-le, ça te jouera des tours, et t’as beau croire qu’ici tout est rose alors que tout est a l’air si noir, tu te rendras compte je suis sûr qu’ici c’est peut-être pas noir, mais c’est sans doute gris bien foncé. Et le gris bien foncé, tu le prendras comme une claque. Ou alors t’es conscient de ça, je sais pas, t’es quelqu’un de discret. A peine tu me racontais ta vie.

T’es né là. Où, je sais pas, t’as pas l’air de savoir non plus. C’est pas où t’es né précisément qui compte, ce qui compte c’est que t’es né là, en bas, et pour toi en bas c’était l’au-delà, plus haut que là-haut, quelque chose qui brille et qu’est beau. Tu m’as invité dans ta chambre de Custom House, je te voyais jamais dormir et tu me laissais ton lit pour dormir. T’es du genre comme un chat à dormir dès que l’occasion se présente, jamais très longtemps, mais toujours assez. Tu dois pas savoir ce que c’est rêver avec des sommeils si courts, mais t’as pas besoin, tes rêves tu les vis, et tu dis qu’il faut pas perdre sa vie. T’avais toujours vécu ici, tu m’avais dit au début, puis après tu m’as dit ci puis après tu m’as dit ça et enfin tu m’as dit la vérité que t’avais vécu avec la mère jusqu’à seize ans à Mudchute dans une venelle pas nette. Ta mère Salomé, c’était une catin de là-haut, une paria de la société un peu comme moi qu’ai toujours vécu au chevet des autres à son grand dépit, toujours à mendier et à faire pitié avec sa seule volonté pour se préserver une fierté, et une fierté qu’on a que pour soi, car les autres ils s’en tapent t’as pas de fierté pour eux si tu mendies. Si tu te prostitues, c’est pareil. Elle était désespérée, engrossée, et elle a reçu le même trésor que moi. L’or noir, c’est cette lettre, pas leur pétrole qui leur remplit les poches mais n’a pas su me remplir le cœur ! Alors t’étais un peu un clandestin, t’attendais de venir au monde, mais tu savais pas encore lequel et quand elle était déjà établie ici t’es venu au monde. Cette putain qui fait le trottoir pour nourrir son gosse que j’avais cru voir en te rencontrant, c’était ça ta mère. Salomé. Salomé elle était belle tu t’en souviens tu me l’as dit, et quand je t’ai demandé pourquoi tu t’en souvenais, tu m’as regardé et tu m’as dit que tu t’en souvenais parce qu’elle était plus qu’une chimère, une chimère t’as dit, qu’elle avait été crevée par la racaille. Tu savais que c’était pas tout rose ici, la claque tu l’avais déjà prise. Et pourtant t’as encore le pardon facile…

Tu murmurais, ça s’entendait pas mais je lisais sur tes lèvres, parce que Louis il avait appris à lire sur les lèvres quand il se faisait chier dans les courants d’air du mé-tro-po-li-tain à attendre Godot gagne-pain, pour savoir aussi ce qu’y disaient les gens qu’y disaient des trucs en le voyant. « Mon bon ami, c’est bien l’infortune de ce monde la pauvreté qui galope jusque dans les plus riches cités. » Y disaient ça. Et ils prenaient leur métro direction la City. C’est triste la richesse qui s’invite dans le malheur des indigents. Tu murmurais souvent, et tu disais ce poème que j’ai appris par cœur à force de le lire sur tes lèvres le soir quand je mandais le marchand de sable sur ton lit, quand t’étais assis sur ton fauteuil sans âge, jambes croisées, mains nouées sous ton menton et le regard de conquérant :

« Je suis le meurtrier de ce qu’on nomme espoir
Qui n’est que l’étrier des infâmes despotes
Qui y ont leur couronne en litanies sottes
Qui les ignares harponnent ainsi que les trois Moires.

Prince des destinées où ne luit que l’effort,
J’ai métamorphosé l’espérance en labeur
Et jure aux icariens qu’ils rencontreront l’heur
En ne désirant rien que d’être les plus forts

Car c’est une ambition qui sauve du trépas
Et non la volition de cent molles paroles.
Il faut se faire roi de sa propre existence
Et non la seule voix de ces vaines engeances. »

Et c’était de toi, je le sais ! Tu m’as aidé à m’intégrer, à me trouver un travail. Toi tu vendais de l’alcool, des liqueurs plutôt, un truc plus raffiné. T’y cherchais la quintessence, tu distillais comme tu distilles tout. Et ça c’était pour rire, parce qu’en vrai tu faisais de l’art, et t’avais aussi des pensées sur la politique, sur l’homme, sur l’existence, sur le cosmos. T’avais des pensées sur tout, mais surtout, oui surtout, tu faisais de l’art. T’empestais l’art quand tu rentrais le soir et que t’embaumait notre chambre des vapeurs de peinture.

Enfin White City m’a appelé. J’avais réussi, j’étais sur les bords du palais. C’est comme si t’avais vue sur Buckingham ! C’était ma réussite, j’étais heureux. Alors t’étais heureux aussi, et t’es parti. Tu m’as dit « Au revoir Louis ». Et c’est la seule fois que j’ai compris, pas ce que t’as dit, c’est évident, mais ce que t’as voulu dire. Lamorée, tu m’as sauvé…

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MessageSujet: Re: Le Princeps de la bauge ▬   Mar 7 Mai - 10:55
Bienvenue Lamorée ! La lecture de ta fiche m'a laissée pantoise, je dois le dire. C'était parfait et particulier, avec un personnage complexe qui, je le sens, réserve bien des mystères. J'adhère complètement. Te voilà donc validé ! Amuse-toi bien. (:
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